Tag Archives: turlutte

qu’est ce que la Trinité ?

“Je remonterai jusqu’au comme de sa naissance, je la produirai au jour et la ferai connaître,” Sagesse, VI. L’esprit de l’homme embarrassé du poids d’un corps corruptible ne peut fixer son coup d’oeil naturel dans la première lumière de la vérité qui rend tout facile à connaître; c’est pourquoi suivant le progrès de la cognition naturelle, la raison doit aller des choses postérieures aux premières, des créatures à Dieu. Romains, I, 20: “Les perfections invisibles de Dieu sont devenues visibles depuis la création du monde par la connaissance que ses créatures nous en donnent.” Et Sagesse, XIII, 5: “La grandeur et la beauté de la créature peuvent faire connaître et rendre en quelque sorte visible le Créateur.” C’est aussi ce qui est dit dans Job, XXXVI, 25: “Tous les hommes le voient, chacun le considère de loin.” En effet les créatures qui servent à faire connaître Dieu naturellement, sont séparées de lui par une distance infinie. Mais comme la vue se trompe facilement à l’égard des choses que l’on considère de loin, ceux qui ont cherché à connaître Dieu par le moyen des créatures, sont tombées dans de nombreuses erreurs. C’est pourquoi il est dit dans la Sagesse, XIV, 11, que les créatures sont devenues un filet où les pieds des insensés se sont pris. Et dans le Psaume LXIII, 6: “ils ont failli dans leurs investigations.” Aussi la providence divine a ménagé aux hommes une voie plus sûre pour arriver à le connaître en communiquant cette connaissance à leurs esprit par la foi, c’est pourquoi il est dit dans la première Epître aux Corinthiens, 11, 11: “L’Esprit de Dieu commit seul ce qui le concerne; mais Dieu nous l’a révélé à nous par l’Esprit.” C’est cet Esprit qui nous inspire la foi. Dans la seconde au Corinthiens, IV, 13: “Ayant le même Esprit de foi:” comme il est écrit Psaume CXV, 10: “J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé;” nous aussi nous croyons, c’est pour cela que nous parlons. En conséquence comme les notions reçues par les sens sont pour les créatures le principe de cognition naturelle, de même les connaissances de la première vérité communiquées par la foi sont le principe de cognition surnaturelle; c’est pour cela que de part et d’autre on procède dans un ordre différent. En effet, les Philosophes qui suivent l’or de la cognition naturelle font passer la science des créatures avant la science divine, la science naturelle avant la Métaphysique; c’est tout le contraire chez les théologiens, la considération du Créateur passe avant celle de la créature. Boèce s’étant conformé à cet ordre et ayant l’intention de traiter des matières qui ont trait à la foi, a établi le principe de ses méditations dans la première origine des choses, c’est-à-dire sur la Trinité d’un Dieu simple; c’est pourquoi on peut lui appliquer les paroles citées plus haut: Des mon entrée, etc. Sur cela on peut noter, relativement au présent Opuscule adressé à Symmaque, patrice de la ville, trois choses, à savoir, la matière, le mode et la fin. La matière de cet ouvrage est la Trinité de personnes dans une essence divine, qui se produit dès l’origine où le Père engendre la sagesse divine de toute éternité. Prov.,VIII, 24: Les abîmes n’existaient pas encore et déjà j’étais conçue,” et Ps. IL, 7: “Je vous ai engendré aujourd’hui.” Cette nativité est le commencement de toute autre nativité, parce qu’elle seule comprend parfaitement la nature de celui qui engendre. Toutes les autres sont imparfaites, toutes celles en vertu desquelles l’engendré reçoit ou une parti la substance de celui qui engendre, ou seulement une ressemblance, c’est pourquoi il est nécessaire que toute autre nativité dérive de celle-là par une certaine imitation. Ainsi dans l’Epître aux Philip., III, 15, “Qui donne son nom à toute paternité, à raison de quoi on dit, le Fils premier de toute créature;” aux Col., I, 15: “Afin de désigner l’origine et l’imitation et non la même condition d’origine.” Aussi c’est avec raison que l’on dit, Abinitio, etc., et Prov., VIII, 22: “Le Seigneur m’a possédé au commencement de ses voies.” Cette nativité n’est pas seulement l’origine des créatures, elle l’est aussi du Saint Esprit qui procède de celui qui engendre et de celui qui est engendré, comme il ne dit pas initium nativitatis investigabo, mais ab initio, il déclare que l’investigation ne se termine pas à ce commencement de la nativité, mais qu’il passe à d’autres choses après avoir commencé par là.
En effet sa doctrine se divise en trois parties.
1° La première

nous ne savons pas

ou savons nous ?

nous savons

car s’il est vrai que nous ne savons pas, nous devons savoir que c’est vrai pour que ce soit vrai

nous savons donc que c’est vrai, donc nous savons, donc c’est faux, donc nous ne savons pas

ou pas vraiment